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Rue Mérencienne : le projet

L’historien Loran Hoarau retrace les origines de familles issues du quartier Patates à Durand (Saint-Denis de La Réunion). En étudiant leur généalogie et en récoltant des récits de vies, il est parvenu à reconstituer le parcours et l’inscription de ces familles dans l’histoire de ce quartier.
À travers l’histoire des habitants et celle de la ville de St-Denis, il nous propose de découvrir l’émergence d’une identité territoriale forgée par la pêche.
La mise en forme de ce projet généalogique est l’aboutissement d’une démarche collective qui a associé un développeur informatique (Mickael Doneddu) une web designer (Anne Fontaine) et l’équipe artistique de CYCLONES Production, gestionnaire de l’équipement culturel municipal La Fabrik et implantée sur le quartier depuis 2003.

Introduction, la rue Mérencienne et le quartier Patates à durand

Quartier de Patate à Durand, Vue aérienneSituation de Patates à Durand
(Vue aérienne du quartie de Patates à Durand - Saint-Denis - 1950)

La rue Mérencienne se situe dans le quartier de Patates à Durand à Saint-Denis de La Réunion.

En 2004, Albert Trotet publie un ouvrage unique en son genre expliquant les origines des noms des rues du chef-lieu. Le schéma de circulation du XIXème siècle étant toujours en place aujourd’hui dans la ville, cet ouvrage est un outil essentiel de lecture historique de la trame urbaine pour le visiteur ou le curieux. Albert Trotet déclare dans son ouvrage à propos de l’appellation de la rue : « La date de dénomination et l’origine de cette appellation sont inconnues. Il s’agit sans doute du patronyme d’un des propriétaires des terrains. ».
Nous partons donc de l’hypothèse développée par M. Trotet sur l’origine patronymique de cette rue située sur la zone de Patates à Durand même si actuellement il n’y a plus de descendants du nom de Mérencienne dans le quartier. Il est alors nécessaire d’établir un récit familial autour du patronyme Mérencienne et de voir le parcours et l’inscription de cette famille dans l’histoire du quartier. Ce récit familial doit être placé dans le contexte de l’histoire de Saint-Denis. Cette démarche nous semble également propre à interroger, à travers l’activité des habitants, l’émergence d’une identité forgée par la pêche, intimement attachée à ce quartier de Saint-Denis.

Cette action, restituée en public le 25 octobre 2013, a bénéficié du soutien du Ministère de la Culture (Dac Oi) dans le cadre du dispositif Pour une Dynamique Culturelle dans les Quartiers et du Contrat Urbain de Cohésion Sociale de la Ville de Saint-Denis.
Le site ruemerencienne.re offre un espace de communication interactive et une dynamique évolutive à la démarche de recherche généalogique qui pourra s’enrichir des contributions à venir que fourniront les descendants des familles du quartier…

Exploration de l'histoire des familles à travers la généalogie

Exemples de pièces permettant le récitExemple de pièce précieuse pour reconstituer les récits :
Les registres de la série 6 M des ADR sont des dénombrements réalisés entre 1897 et 1931.

La famille Mérencienne nous permet un point de départ pour dresser le cadre historique de naissance du quartier. Nous verrons également les familles Olot, Cavillot, Kichenin, Bidois, Armand, Louise

Ce travail n’est possible qu’à partir du moment où l’on peut explorer des données nous amenant au début du XXème siècle. Pour remonter l’arbre généalogique :

  • Nous sommes partis de L’inventaire des Mariages 1800-1900 développé par Collette et Sully Dubard. Cette tranche chronologique est à cheval sur la période Esclavagiste et la période Engagiste ce qui fait de cet inventaire un élément essentiel de lecture et de recherche sur la société réunionnaise.
  • Pour la période Esclavagiste, le travail de Pierrette et Bernard Nourrigat concernant les relevés d’affranchissements est essentiel pour la compréhension des mécanismes d’affranchissements pré/post abolition (sources).
  • Pour le lien avec les primo arrivants, le dictionnaire généalogique des familles de l’île Bourbon (La Réunion) 1665-1810 permet de travailler sur les groupes de migrants au tout début de la colonisation.
  • Ce travail se nourrit également des échanges avec le Cercle Généalogique de Bourbon.
    Les registres de la série 6 M des ADR sont des dénombrements réalisés entre 1897 et 1931. Beaucoup moins exhaustifs qu’un recensement, ces documents de l’histoire démographique sont également exploitables pour les données qu’ils apportent en histoire urbaine.

Ces sources permettent, en se croisant, de travailler à l’identification des actes d’origines nécessaires à la compréhension du récit historique familial.
Nous reprenons l’écriture des noms des familles tels qu’ils apparaissent dans les registres (avec des différences de transcription d’un acte à l’autre). Comme nous le verrons, le respect de cette variation est ici signifiant pour comprendre la transmission de la mémoire du nom dans la famille Mérencienne.

Un quartier cerné par les ravines

D’un point de vue géographique, le quartier de Patates à Durand est cerné par deux ravines : la ravine du Butor et la ravine Patates à Durand.
La ville de Saint-Denis au milieu du XIXème siècle s’est étendue et s’est densifiée jusque la ravine du Butor, qui forme un obstacle naturel à son extension.
Le quartier voisin à l’Ouest de la ravine du Butor, allant jusqu’à l’Eglise Saint-Jacques est couvert par l’appellation de quartier du Butor.
A l’Est, de l’autre côté de la ravine Patates à Durand, s’étend des plantations qui vont jusqu’à La ravine du Chaudron. De 1855 à 1870, Gibert des Molières est maire de la ville. Son mandat qui se superpose à la période du Second Empire est marqué par une période de prospérité de la cité.

Les premières traces du nom

La première trace visible du nom « Patates à Durand » en tant que nom de quartier se trouve dans les recensements de 1892 et 1920 conservés dans la série 6M des ADR.

Le registre 6M1008 (1892) Rivière des Pluies (Ilettes), Bois de Nèfles, Patates à Durand
Le registre 6M1041 (1920)
7ème section
Patates à Durand, Sainte-Clotilde, La Bretagne, Rivière des Pluies (Domenjob), rivière des pluies les hauts, Chaudron, Bois de Nèfles les bas et les hauts, Belle-Vue, Montauban

Les registres de la série 6 M sont des dénombrements réalisés entre 1897 et 1931. Beaucoup moins exhaustifs qu’un recensement, ces documents de l’histoire démographique sont également exploitables pour les données qu’ils apportent en histoire urbaine. Les documents recensent chaque foyer de la ville en indiquant le lieu d’habitation. Plusieurs types de signalisation sont utilisés : éléments naturels remarquables du paysage, bâtiments publics importants (gendarmerie, église, marché). On peut aussi y observer une évolution du nom des rues, l’affirmation de certains quartiers.
Le gouverneur, qui signe l’arrêté annonçant le dénombrement, fixe le cadre de ce dernier, justifie l’opération, indique les limites géographiques pour chaque commune et désigne les personnes habilitées à procéder au recensement. Ces opérations sont proclamées par le biais du « Journal Officiel de l’Ile de La Réunion ». C’est par ce même organe que sont rendus publics les chiffres des recensements. Le recensement se fait sur déclaration. On note alors le nom tel qu’il est dit par les personnes interrogées.

Au milieu du XIXème siècle, le quartier se tourne vers la mer

La situation de l’île au début du XIXème siècle est celle d’une île sans port. L’augmentation du mouvement maritime autour de l’île est liée à celle des exportations de sucre. Des structures vont se mettre en place sous l'impulsion de notables, de propriétaires sucriers, de négociants pour pallier l‘absence de structures portuaires.

Pont du ButorPont du Butor (lithographie, 1860, Roussin)

Du point de vue juridique cela se manifeste dans le paysage économique local par la naissance d‘entreprises de batelage qui organisent et effectuent le chargement et le déchargement des navires stationnés au large dans les rades foraines. Ces entreprises sont des entreprises capitalistes au sens où elles sont basées sur la réunion d’un ensemble d’actionnaires qui investissent leurs capitaux dans l’entreprise.

Le chargement et le déchargement des marchandises à bord d'embarcations s’effectuent par le biais de ponts-volants qui sont établis sur la côte c'est-à-dire des jetées en bois qui s’avancent au-dessus de la mer et qui sont suspendues grâce à des briques, des troncs ou des poutres qui soutiennent une passerelle. Il permet de charger les marchandises sans que la barque qui transporte ces dernières ne soit hâlée à terre. Ce système offre un gain de temps précieux pour les navires stationnés au large. Ces derniers étant à tout moment soumis aux caprices de la mer et du temps.

La marine Richard, une nouvelle fonction maritime pour le quartier

Charles Richard

En 1860, Charles Richard se lance dans un projet d‘installation d’une marine dans la zone du Butor. Pour que son installation puisse accueillir les navires, l’administration doit lui permettre l’installation d’un bureau des douanes. Le ministre de la Marine et des colonies demande l’opinion de l’administration locale sur une pétition de Mr Richard “tendant à obtenir qu’un bureau de douane placé sous la direction d’un vérificateur, soit établi dans la baie du Butor”(sources)

La décision ministérielle et le règlement de l’affaire arrivent en janvier 1861 (sources) : Le directeur de l’Intérieur soumet à l’approbation du Gouverneur un projet d’arrêté préparé d’après les instructions contenues dans la dépêche ministérielle du 20 octobre 1860 N°270 et “ conformément à l’avis favorable du Conseil Général ayant pour objet de rattacher la rade du Butor, quant aux opérations de douanes, au bureau principal de Saint-Denis, et de l’ouvrir par conséquent aux importations et exportations directes “.

La décision de 1861 valide l’installation d’une marine au Butor. Antoine Roussin la représente en 1860 sur une de ces lithographies (sources) d’après un dessin d’A. Le Roy. On peut y voir le pont et en arrière plan les magasins. Cette marine fonctionne au Butor jusqu’au début des années 1890. Structurellement, cette installation se manifeste par la construction de magasins. Trois longères semblent avoir été construites à l’origine de l’installation. Dans un courrier qu’il adresse au directeur de l’exploitation du chemin de fer, le 18 septembre 1896, Jacob de Cordemoy directeur de l’intérieur (sources) signale « Il est de notoriété publique que l’établissement de Marine du Butor que le service du chemin de fer et du Port a acquis de la succession Richard a cessé de fonctionner depuis un certain temps. »(sources) .

Les professions des habitants en 1920 (ADR, registre 6M1041)

Bazardier2
Cafetier1
Charpentier1
Charron1
Commerçant2
Cordonnier3
Couturière2
Cultivateur9
Cultivatrice1
Employé de commerce1
Ferblantier1
Forgeron2
Jardinier1
Journalier5
Maçon2
Pêcheur16
Peintre1
Sans profession14
Tonnelier1

C’est de l'implantation de la marine Ricard que découle progressivement l’activité maritime du quartier, la pêche prenant progressivement le relais des journaliers employés à la Marine du Butor. Dans les années 1920, la pêche constitue l’activité principale des habitants du quartier.

A cette époque le patronyme Mérencienne est porté par quatre individus installés dans le quartier « Patates à Durand’ ». Il s’agit ici des chefs de famille qui sont recensés individuellement : Lucien Mérencienne, Henri Mérencienne, Antoine Mérencienne, Lucia Mérencienne



Remerciements


Colette et Sully Dubard
Cercle Généalogique de Bourbon et plus particulièrement Guy Marion et Christian Fontaine
Pierrette et Bernard Nourrigat
L'Iconothèque historique de l'Océan Indien et en particulier David Gagneur
Auguste et Christelle de Villèle
Les membres du forum GenBourbon
et les familles du quartier Patates à Durand à Saint-Denis de La Réunion

Avec le soutien de

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Loran Hoarau
Saint-Denis de La Réunion
Gsm : 06 92 77 06 05

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Adresse : Appt. 22, Résidence Técher - 11 rue des Tourtereaux - 97400 Saint-Denis (La Réunion)
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SIRET : 443 160 999 00035

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Recherches historiques, Récits : Loran HOARAU
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